Jérémi Stadler, la Méditerranée et sa caméra : “ce documentaire a changé ma vie”.


Acteurs de l'océan, Welcome / Thursday, October 17th, 2019

Surf Nights et le collectif « Rame pour ta planète » ont organisé la projection du film « Le Grand Saphir, une révolte ordinaire » à Biarritz, au cinéma Le Royal. Nous sommes allés à la rencontre de Jérémi Stadler, le réalisateur. L’optimisme durant ces 56 minutes insuffle un nouvel espoir pour la préservation de nos mers et océans. Jérémi Stadler était accompagné de l’unique Edmund Platt, président de l’association « 1 déchet par jour ».

En quelques mots : Jérémi, 26 ans, « Le Grand Saphir », son premier long métrage primé à plusieurs reprises et diffusé sur Ushuaïa TV et France 3 PACA notamment ! Une aventure inspirante que l’on souhaite vous faire partager, à la découverte d’un jeune réalisateur très prometteur.

  • Le réalisateur est toujours la personne qui nous intrigue le plus. Qui êtes-vous Jérémi ? Nous voulons tout savoir !

« Je fais des images. C’est mon premier long film. J’ai un parcours un peu atypique. Je suis autodidacte à 80%. J’ai suivi un parcours traditionnel. J’ai réussi une licence pro et réalisé un premier stage. L’année suivante, j’ai tenté de faire un master cinéma, cela n’a pas fonctionné mais j’en ai profité pour faire un autre stage chez « Satellite Multimedia » (agence de production audiovisuelle et création web à Montpellier). Et par chance… J’y travaille toujours ! »

  • Il n’y a pas que de la chance, il y a le talent (aussi) et le travail surtout ! Autodidacte, ça va inspirer les plus jeunes, assurément !

« C’est en pratiquant dès mon plus jeune âge ma passion pour le skate que j’ai découvert une tout autre passion : la vidéo. Je voulais faire des films sur le skate, partir en roadtrip etc. Ça m’a apporté un regard différent sur les choses : quand tu skates, quand tu arrives dans un endroit, tu regardes les spots et les petits détails. »

  • Yes ! Un regard différent et une attention aux petits détails qu’offre le monde de la glisse en général. Comment s’est passée la naissance de ce fameux long métrage ?

« La naissance du projet… J’avais fait un film de surf en Méditerranée. Retour en 2015, j’étais parti faire un film de skate qui s’appelait « Lost into the wild ». L’idée était de faire vivre le skate en forêt, éloigné du côté urbain, nous sommes partis avec trois potes Montpelliérains et un photographe. Sur la route, il y a un gars dans la voiture qui devenait fou parce qu’on voyait la mer et qu’il y avait des vagues ! Je lui disais “mais pourquoi tu t’excites comme ça ?” (rire) ! Il y a des vagues incroyables et il avait très envie de surfer. Et je lui ai dit “Ah ouais ! Tu surfes en Méditerranée ?”. On a discuté et quelques mois après je me suis mis au surf. J’avais 23 ans, ça fait trois ans.

L’année d’après, j’ai fait une vidéo de surf qui s’appelait « No waves you said ?! », un petit clin d’œil aux gens disant qu’il n’y a pas de vague en Méditerranée. Manu est tombé sur cette vidéo de surf et m’a contacté. Il me parle de son projet « Le Grand Saphir » où il va nager 120 kilomètres tout en ramassant les déchets. À la base, il voulait juste faire un teaser de l’évènement. J’étais ravi qu’il m’appelle et j’ai immédiatement accepté, mais je pensais que son projet méritait bien plus qu’un simple teaser. Je lui ai donc proposé d’en faire un documentaire ! Je ne savais pas où j’allais à ce moment là mais j’avais envie de le laisser me livrer son histoire.

Ça c’était un samedi. Lundi, je retourne au travail et je vais voir Vincent, gérant de « Satellite Multimédia ». Je lui explique le projet et lui exprime mon envie de le faire, et il m’a dit « vas-y, fais-le ». Et c’est parti de là… L’agence m’a prêté tout le matériel, beaucoup d’heures supplémentaires et de bénévolat, c’était donnant-donnant. Quelques semaines plus tard (avril 2017), je suis parti faire le premier shoot un week-end à La Ciotat avec Manu et on a pu se rencontrer pour la première fois. La date de sortie du Grand Saphir : le Vendredi 24 Janvier 2018. »

© Jérémi Stadler
  • Le chemin parcouru en un an est énorme. Comment as-tu rencontré les autres acteurs du documentaire ?

« C’est ce qui est incroyable avec ce projet. Je ne connaissais personne, je ne savais pas où j’allais. On a fait ce projet de A à Z à l’envers. On a jamais demandé de financement avant. Ça allait tellement vite. Mon fil conducteur, c’était Manu. J’ai rencontré les gens petit à petit dans l’aventure. Manu m’a parlé des deux kayakistes : Ed Platt de l’association “1 Déchet par jour” et Hervé de “La Marchetterie”. Hervé, je le connaissais parce qu’il avait fait la une des journaux avec sa “Marche pour l’environnement” ! »

  • C’est une aventure humaine…

« Oui, absolument. J’ai gagné zéro thune là-dessus, je m’en moque. C’est au-delà de la visibilité, c’est vraiment pour tout ce que ça m’a apporté humainement. Ce documentaire a changé ma vie. Je me suis mis au zéro déchet après l’aventure, j’essaie. »

  • Et si ça marche sur toi, nous pouvons espérer que ça marche aussi sur les gens qui regardent le film.

« Je me suis aussi rendu compte que le film avait un réel impact sur les enfants. Ils comprennent rapidement le message et sont captivés par les différentes actions positives menées par tous les personnages du film ! Je parle entre autres de Nicolas Escavi alias Trashgo, Nicolas Lemonnier de Run Eco Team et Landry de “Un voyage pour la planète”. Il sont venus se greffer dans l’histoire une fois que j’avais commencé à monter les premières minutes du documentaire. Je m’étais dit : “ un mec qui va nager pendant cinquante minutes ça risque d’être long.”. Il me fallait dynamiser le film en y ajoutant une série de portraits. J’ai donc rencontré Landry et Nicolas Lemonnier à Nantes ! Et j’ai contacté directement Trashgo que je suivais sur les réseaux sociaux. Je suis donc venu quelques jours à Biarritz pour tourner. »

  • Une anecdote de tournage ?

« J’en ai tellement ! J’ai perdu les images de l’arrivée de Manu… Dans le film, j’ai récupéré des rushs d’une télévision qui était là… Heureusement ! »

  • Une personne inspirante ?

« Plus qu’une personne, la musique m’inspire. Dès que j’entends un son, j’arrive à visualiser une possible image à créer. »

  • Les projets à venir ?

« J’aimerai poursuivre les vidéos sur l’environnement. Je travaille actuellement sur une web-serie “ORDINAIRE”, c’est une série de différents portraits de personnes qui sont engagées dans l’environnement et qui agissent au quotidien pour essayer de faire bouger les choses. J’ai l’impression de faire ma part, c’est ma façon à moi de parler de ces différentes problématiques. »

Merci Jérémi, la team Oceanthropos suivra avec attention tes prochaines réalisations !

Pour ces différents acteurs, ramasser les déchets est un acte politique permettant de questionner notre rapport au monde. Filez vite voir ce long métrage qui vous donnera le sourire et vous motivera sans aucun doute à agir !

© Jérémi Stadler
© Jérémi Stadler
© Jérémi Stadler
© Jérémi Stadler
Hervé Pighiera de l’association Une marche pour l’environnement © Jérémi Stadler
Un voyage pour la planète © Jérémi Stadler
Edmund Platt © Jérémi Stadler
© Jérémi Stadler
Jérémi Stadler, réalisateur.
© Jérémi Stadler

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